L’auriculothérapie
L’auriculothérapie, du grec therapeia (soigner) et du latin auricula (oreille), consiste à traiter certaines maladies en stimulant des points précis du pavillon de l’oreille.
Contrairement à l’acupuncture, l’auriculothérapie n’est pas une pratique de la médecine traditionnelle chinoise, même si parfois elle est appelée acupuncture de l’oreille. Sa véritable origine est française. Cette méthode thérapeutique a en effet été mise en lumière par les travaux du médecin lyonnais Paul NOGIER en 1951.
L’Organisation Mondiale de la Santé, l’OMS a reconnu l’auriculothérapie comme discipline thérapeutique à part entière et donné en 1990 un canevas de standardisation de l’auriculothérapie avec certaines recommandations, notamment dans le domaine de la recherche.
Principe de l’auriculothérapie
L’auriculothérapie considère que l’oreille est une représentation miroir des organes, d’où sa comparaison avec un fœtus inversé. Le lobe correspond à la tête, la conque aux viscères, l’anthélix aux membres et la crête de l’anthélix aux vertèbres.
Grâce à une innervation complexe, les points de l’oreille sont liés directement au système nerveux central par l’intermédiaire du tronc cérébral. Il y aurait plus de 200 points par pavillon auriculaire. Une stimulation de ces points permet de traiter la partie du corps à laquelle ils correspondent et donc de soulager des troubles ou des maladies. L’auriculothérapie s’avère d’ailleurs particulièrement efficace dans le traitement de la douleur.
L’auriculothérapie pour quoi faire ?
L’action de l’auriculothérapie est reconnue par la Haute Autorité de santé (HAS)
dans trois grands types de troubles :
- la douleur : migraine, rhumatologie (arthrose, arthrite), traumatologie, névralgie, douleurs chroniques, douleurs vertébrales, douleurs séquellaires en cancérologie… ;
- l’addictologie : tabac , alcool, drogues ;
- les troubles anxio-dépressif : stress, anxiété, angoisse, troubles du sommeil, dépression.
- les autres troubles : charge pondérale, obésité, troubles nutritionnels, troubles digestifs (foie, rate, pancréas, intestins…), troubles urinaires (vessie, reins), agitation, agressivité, dystonies neurovégétatives…
Comment pratique-t-on l’auriculothérapie ?
Contrairement à l’acupuncture, l’auriculothérapie est une pratique française. Le praticien applique des aiguilles en différents points de l’oreille.
Dans la forme classique d’auriculothérapie, le praticien utilise des petites aiguilles basiques d’acupuncture, toujours stériles et à usage unique. Il les dispose alors quelques minutes sur différents points de l’oreille.
Si l’auriculothérapeute souhaite agir plus longtemps sur la zone, il met en place des aiguilles semi-permanentes (ASP), spécialement conçues pour une période d’un jour à trois semaines et sans gêne pour le patient. Elles sont cependant déconseillées chez les sujets à fort risque infectieux.
L’aiguille n’est pas le seul instrument utilisé en auriculothérapie. Comme en acupuncture, il existe d’autres procédés moins invasifs :
-l’électrostimulation : léger courant électrique dans les aiguilles ;
- la stimulation fréquentielle : le Dr NOGIER, le “père” de l’auriculothérapie, a mis au point sept fréquences correspondant aux sept plages de l’oreille. Ces fréquences, associées ou non entre elles sur un point de l’oreille, entreraient en résonance avec certains récepteurs biologiques pour corriger un déséquilibre. La fréquence G par exemple agirait sur les parties du cortex cérébral, autrement dit sur le mental. Plusieurs appareils sont utilisés pour cette stimulation, notamment différents types de générateurs de fréquences en infrarouge pulsé.
- le massage auriculaire : pratiqué à l’aide d’un bâtonnet en verre, un instrument à bout arrondi et poli. Il est préféré à l’utilisation de l’aiguille, notamment chez l’enfant.
Contre-indications à l’auriculothérapie
La pratique de l’auriculothérapie est contre-indiquée en cas de :
- grossesse : après le troisième mois, il est déconseillé de piquer les points auriculaires, notamment ceux correspondant à l’utérus ou aux ovaires ;
- urgences médicales et chirurgicales : l’auriculothérapie ne saurait se substituer aux antibiotiques dans le cadre d’une infection, ou à une intervention chirurgicale ;
- tumeurs malignes : la pose d’une aiguille au site d’une tumeur est interdite.
L’auriculothérapie avec des aiguilles est également déconseillée en cas de troubles hémostatiques (saignements, coagulation).
Comment se déroule la première séance d’auriculothérapie ?
La première consultation d’auriculothérapie est consacrée au dépistage. L’auriculothérapeute procède en plusieurs étapes :
- un questionnaire détaillé du consultant pour connaître ses antécédents médicaux, son mode de vie, ses symptômes…
- un examen classique, complété au besoin d’examens pour déterminer si l’auriculothérapie est ou non indiquée.
Le praticien poursuit ses investigations par un examen complet du pavillon de l’oreille :
- une inspection visuelle : malformation, existence de plis, présence d’anomalies comme des plaques, verrues, etc. ;
- une palpation : vérification de la consistance de l’oreille, zone douloureuse ou insensible à la pression, recherche d’un point douloureux dans la zone douloureuse ;
- une détection électrique : vérification de la résistance électrique de l’oreille (résistance plus basse que la normale en cas de pathologie).
A partir de ses observations, l’auriculothérapeute détermine la technique la plus appropriée et débute le traitement.
Il peut exister une douleur à la piqûre, variable selon la sensibilité de la personne. Elle est plus sourde et moins piquante que la piqûre d’acupuncture car le pavillon de l'oreille est innervé par des nerfs crâniens. Certains consultants décrivent également une sensation de chaleur dans l’oreille.
Comme l’acupuncture, l’auriculothérapie peut se pratiquer sur des enfants en bas âge.
Seuls les instruments devront être adaptés.
Par Olivier BEHR
Ces séances d'auriculothérapie ne sont pas des actes médicaux (aucun diagnostic) et ne se substituent en aucun cas à un traitement ou à un suivi médical conformément à la loi du 30 avril 1946, au décret N° 60665 du 4 juillet 1960